vendredi 12 septembre 2008

Les Races & Elevage...

Le Mérens

Robe de jais et tempérament d'acier, le mérens séduit un nombre grandissant de cavaliers de loisirs. Ce petit cheval noir venu des Pyrénées appartient à une race en pleine expansion.

Des ses origines montagnardes , le mérens
a gardé un caractère bien trempé, une grande rusticité et un pied agile.
Mais sa beauté n'est pas le moindre de ses atouts.

Le mérens est né dans les Pyrénées françaises et, plus précisément, dans l'Ariège. La vie en altitude (entre 2000 et 2500 m), en terrain accidenté et caillouteux, l'habitude des hivers froids et des étés très chauds et orageux en ont fait un cheval rustique bien peu émotif.

Fort, agile, endurant, peu émotif, le mérens s'adapte aussi bien à l'équitation d'extérieur qu'à l'attelage, disciplines où il se distingue de plus en plus souvent.

Il donne une impression générale de force et de rondeur harmonieuse.
La tête est bien proportionnée, expressive et élégante.
Les yeux vifs et doux, en amande, encadrent un front large et plat.
Les oreilles sont petites et bien dessinées.
Le chanfrein est droit ou légèrement busqué, le bout du nez plutôt carré.
L'encolure, de taille moyenne, est bien orientée et bien plantée dans une avant-main forte, éclatée. Le garrot se prolonge loin sur le dos, qui est large et bien soutenu.
L'arrière-main est généreuse et musclée, la croupe ronde.
Les membres sont droits et solides, avec de belles articulations et des pieds en corne noire remarquablement durs.

Taille

1.47 m pour les mâles et 1.45 m pour les femelles

Robe

Noir zain.
Le poil est soyeux sur une peau fine, les crins abondants,
rêches, souvent crêpelés et une crinière parfois double.

L'élevage en liberté et en altitude a développé chez lui, la capacité de réagir calmement
et intelligemment aux difficultés et aux imprévus.
C'est là une qualité inestimable en extérieur.
Le mérens d'origine est un cheval très courageux, au tempérament doux et gentil.
Quelques croisements peu sélectifs à l'époque où l'on s'efforçait de relancer la race ont introduit des sujets au caractère moins facile, mais la sélection actuelle met l'accent sur la gentillesse.



Autrefois considéré comme un poney rustique régional, il est aujourd'hui un cheval de race.

Ce petit cheval ariégeois existe depuis plus d'un siècle.
On trouve ce "petit noir" sur des photos datant du début du XXe siècle.
Il était alors employé essentiellement aux travaux des champs
dans cette belle région des Pyrénées.
Comme bien d'autres chevaux de travail, il fut menacé d'extinction
par la mécanisation de l'agriculture et l'exode rural.

Pour tenter d'enrayer le déclin de ce poney de montagne plein de qualités,
les éleveurs de la région ouvrirent, en 1933, le stud-book de la race.
Cependant, malgré leurs efforts, ils ne parvinrent pas à maintenir les effectifs.
Dans les années 1970, il ne restait guère qu'une cinquantaine de mérens, dont seulement
4 étalons.

Heureusement, le développement de l'équitation de loisir
permit au mérens, rustique, endurant, au pied exceptionnellement sûr,
de trouver un nouvel emploi.
Les éleveurs firent tout leur possible pour faire connaître
leur cheval au grand public et aux professionnels du tourisme.
En vingt ans, le cheptel se reconstitue et on dénombre plus d'une
centaine d'étalons et plus de 1500 juments à partir de 2000.

D'abord cantonné dans sa région d'origine, il s'est depuis répandu dans toute la France,
y compris dans les d.o.m.t.o.m, l'Etat ayant subventionné leur transport par avion.
La Réunion est le deuxième département français pour l'élevage de mérens.
On trouve également des mérens dans divers pays d'Europe, en Italie, aux
Pays-Bas et en Belgique
http://www.merensbelgium.be/histo.html

La corne noire, particulièrement solide, les éleveurs tiennent beaucoup à préserver cette qualité - c'est une des raisons pour lesquelles les balzanes, même à l'état de trace, ne sont pas acceptées.

Autrefois considété comme un poney en raison de sa taille. Il a d'ailleurs porté, successivement, plusieurs noms. Les éleveurs, pour qui l'appelation d'origine "trait ariégeois" convenait peu eu égard à son avenir dans le tourisme et le loisir, le baptisèrent, en 1971, poney ariégeois. Sa morphologie et surtout sa solidité - il peut porter un adulte de 120 kg - le rattachant bien plus au cheval qu'au poney, il devint, pour finir, en 1998,
CHEVAL de MERENS.

Extrait des Editions Atlas

jeudi 11 septembre 2008

Les Races & Elevage...

LE BARBE

Il est moins célèbre et il a sans doute moins de panache que l'arabe.
Mais ce cheval vif et élégant a participé lui aussi à l'élaboration de bien des races de valeur.

Le barbe : un " barbare" venu du désert...
Il est originaire d'Afrique du Nord et, plus précisément, de ce qu'on appelait autrefois les Etats barbaresques, d'où son nom.

Durant des siècles, ce cheval du désert a surtout été utilisé et, bien sûr, apprécié par les Bédouins, qui vivaient en lisière du Sahara. Pour ces guerriers, un cheval vif, endurant et frugal était un auxiliaire sans prix.
Ils l'élevaient donc avec le plus grand soin.
Ils appelaient leurs juments leurs "filles" et laissaient les poulains pénétrer sous leur grande tente pour qu'ils profitent de la fraîcheur.
Leurs chevaux faisaient quasiment partie de leur famille.

Adapté au régime pauvre des régions arides, le barbe s'empâte facilement lorsqu'il profite d'une alimentation trop riche. Ce qui n'est pas bon pour ses membres; il faut donc éviter de lui donner trop d'aliments concentrés.

Selon certains auteurs, les Romains auraient déjà utilisé des barbes, en particulier pour les courses de chars dans les arènes.
Il est donc possible que les amateurs de jeux du cirque en aient importés à cette époque, mais cela n'a jamais été prouvé.
Plus tard, au VIIIe siècle, les Maures envahirent l'Espagne et amenèrent avec eux quantité de chevaux barbes. Comme souvent en pareil cas, certains s'échappèrent et vécurent en liberté.
Leur croisement avec des juments locales produisit l'amorce de la race andalouse (que d'autres sangs ont contribué par la suite à fixer).

Le Cheval de Toutes les Equitations

En 1662, Charles II d'Angleterre, passionné de courses de chevaux, reçut dans la dot de sa femme le port marocain de Tanger.
Durant les vingt et un ans où la ville demeura sous sa domination, on expidia vers la Grande-Bretagne, à partir d'elle, une grande quantité de chevaux barbes.
Ceux-ci furent utilisé pour améliorer la vitesse et la vigueur des premiers chevaux de course britanniques. Le barbe a donc été, avant l'arabe, un ancêtre du pur-sang.

La domination française en Afrique du Nord a duré du XIXe au milieu du XXe siècle.
La remonte de la cavalerie, au Maroc et en Algérie, pour les spahis par exemple, et même en métropole, était alors constituée, pour une bonne part, de barbes.
En effet, ces chevaux possèdent toutes les qualités nécessaires au cheval d'arme : ils sont rapides, maniables, rustiques et endurants - donc " économiques".

Si l'on connaît l'origine géographique du barbe, en revanche,
nul ne peut dire quand il est apparu en Afrique du Nord.
Si l'on s'en tient aux récits et aux légendes, il semble que ce cheval
ait toujours été présent aux côtés des hommes de sa région d'origine.

Elevé dans un pays semi-aride, à la végétation pauvre, le barbe est pour le moins rustique.
Habitué à évoluer sur les terrains rocailleux et pentus des monts de l'Atlas,
il a le pied très sûr.
Ces qualités, et bien d'autres, en font une monture résistante, agréable, assez polyvalente.

Modèle

La tête est plutôt longue, avec un profil restiligne, de larges naseaux et des ganaches prononcées. L'encolure est forte et rouée et le garrot haut placé. L'épaule est longue et plus ou moins inclinée, la croupe avalée et la queue portée bas. Le poitrail est parfois étroit. Les membres sont longs et forts, bien musclés, avec des canons relativement longs.

Taille

Elle varie de 1.40 m à 1.57 m

Robe

Alezane, alezan brûlé, bai foncé, noire ou grise.

Caractère

Ce n'est pas sans raisons que les guerriers Bédouins chérissaient le barbe.
Ce cheval courageux affrontaient vaillamment aussi bien le tohu-bohu des combats que les longues retraites. Au cours de ces chevauchées, qui étaient parfois longues, la rapidité des barbes a bien souvent sauvé la vie de leur maître.
En outre, il est intelligent, parfois un peu malicieux, avec une personnalité généralement prononcée. Et, s'il n'a pas toujours bon caractère, sa gentillesse est bien réelle.

Extrait des Editions Atlas

mercredi 3 septembre 2008

Les Races & Elevage...


Depuis 1997, l'appaloosa est reconnu par les Haras nationaux, qui ont même fait l'acquisition d'un étalon de cette race.
Malgré ses nombreux atouts, qui en font un merveilleux cheval de loisir, cet animal athlétique et polyvalent est pourtant peu répandu en Belgique.

L'appaloosa est le cheval idéal pour les cavaliers de loisir qui veulent se faire plaisir sans se faire peur. Comme le quarter horse, avec lequel il a été beaucoup croisé, l'appaloosa possède un excellent mental : il est calme, intelligent et sûr. Son caractère souple et tranquille convient particulièrement à toutes les disciplines d'extérieur, de la simple balade à la grande randonnée en passant par le TREC, l'endurance et le trail. L'appaloosa, parce qu'il est conciliant et équilibré, est généralement facile à dresser - ce qui ne dispense pas ses propriétaires, bien sûr, de lui assurer un débourrage et une éducation de base solides, ne de faire appel, si nécessaire, à un professionnel.

Amoureux des grands espaces

Cheval d'extérieur par excellence, il passe partout : son pied est sûr, sa corne solide, ses articulations sans problèmes. C'est un excellent porteur qui peut affronter les terrains les plus accidentés. Un seul bémol aux louanges que suscite ce cheval : rustique et résistant, il a besoin de vivre au grand air. La vie en box ne lui convient pas (mais à quel cheval convient-elle réellement?). Il peuvent vivre dehors toute l'année et c'est en lui offrant ce type d'existence que l'on préservera au mieux ses qualités physiques et mentales.

Contrairement à la réputation qu'on lui a faite en France, où on l'a longtemps associé uniquement à l'équitation d'extérieur et même au cirque, l'appaloosa est un athlète complet capable de belles performances.

Un Américain bon teint.

Dans son pays d'origine - les USA -, c'est un cheval polyvalent, que l'on voit réussir aussi bien dans les compétitions western qu'en hunter (où il excelle), en saut d'obstacle, en dressage et même en course. C'est dire s'il possède de sérieuses qualités. Mais le maigre intérêt qu'il suscite en France, en même temps que le prix décourageant d'un bon reproducteur venant des Etats-Unis, a longtemps contribué à le cantonner dans le rôle de cheval folklorique.

L'équitation western, un déclencheur

Aujourd'hui, la situation de l'appaloosa dans toute l'Europe est en pleine évolution, comme en témoigne l'intérêt croissant que lui portent les cavaliers. En 1985, une poignée d'éleveurs créait l'Appaloosa Horse Club de France (ApHCF), pendant de l'Appaloosa Horse Club américain. Au même moment, l'équitation western prenait son essor dans toute l'Europe. L'appaloosa est très doué dans la plupart des disciplines de cette équitation, dont les compétitions, en se développant, ont beaucoup contribué à faire connaître ses qualités. Plusieurs appaloosa ont remporté des titres aux championnats de France et même en Europe en reining, pleasure, trail, halter... etc. La pratique de la compétition western reste certes marginale, mais ces brillants résultats ont fait office de vitrine et on redoré le blason d'une race jusque-là injustement dépréciée.

Depuis, l'ApHCF a bien travaillé pour faire découvrir aux cavaliers le potentiel de ce cheval à la robe peu ordinaire - qui est d'ailleurs une excellente publicité en soi. Lorsqu'un appaloosa se classe en CSO ou en endurance, personne ne manque de le remarquer et d'en identifier la race.
On voit des appaloosa en équitation western, bien sûr, mais aussi dans les disciplines d'extérieur, où son agilité, son endurance et sa résistance font merveille, ainsi qu'en attelage.

Cheval de couleur !

Quand on dit " appaloosa ", la plupart des cavaliers pensent " cheval tacheté " (ce qui correspond à la robe léopard). Or, le standard de la race admet treize robes différentes, dont une unie.
Aux Etats-Unis, 25% des appaloosas ont cette dernière robe.
Il faut bien garder à l'esprit que l'appaloosa est une race, non une robe.

Extrait des Editions Atlas


Les Races & Elevage...


L'exemple du selle français.

Contrairement au stud-book du pur-sang, la plupart des stud-books de chevaux
de sport sont "ouverts": l'apport de reproducteurs d'une autre race est autorisé,
pourvu que leurs produits correspondent au standart de la race.
Cet apport est toléré à petites doses - et de plus en plus - pour le selle français.
Ce stud-book accepte, de temps en temps, un reproducteur d'une autre race
qui semble présenter des qualités propres à préserver la spécificité du selle français
(modèle, aptitude pour le saut, etc...) tout en étant susceptible de l'améliorer.

L'élevage des poneys de sport suit la même tendance que celle des chevaux de sport :
les "poneys de selle" dont les stud-books s'ouvrent dans différents pays d'Europe
se ressemblent beaucoup.

Le métissage fait cheval

Le K.W.P.N., lui, est né du métissage.
Les éleveurs de cette race acceptent tous les reproducteurs qui correspondent à leurs standarts.
Ils sélectionnent les chevaux de sport présentant les meilleurs aptitudes,
le meilleur tempérament et le plus beau modèle et les croisent entre eux dans l'espoir des poulains réunissant toutes ces qualités.
La sélection se poursuit à l'intérieur de la race, les produits étant soumis à des tests avant d'être définitivement admis à la reproduction.
Les animaux ainsi sélectionnés ne constituent donc une race que dans la mesure où on déclare qu'ils lui appartiennent. Ce sont leurs performances et leur modèle qui les y attachent, non leurs origines. Ils peuvent parfaitement provenir de deux reproducteurs d'une autre race ayant été acceptés au stud-book...
On comprend ainsi pourquoi il est difficile de les reconnaître au premier coup d'oeil !

Une seule race ?

Dans le monde du cheval de sport, les similitudes d'une race à l'autre sont telles que l'on peut s'interroger sur le bien-fondé de la notion de " race ".
Comparons avec les chiens :
à l'intérieur d'une même catégorie - chiens de berger moyens et grands, par exemple -,
on trouve des animaux extrêmement différents.
Un berger briard et un berger australien ne peuvent se confondre, pas plus qu'un beauceron ou un colley.
Pourquoi alors, ne pas considérer les chevaux qui présentent les mêmes qualités,
qui ont un aspect semblable et qui sont employés au même usage - le sport -
comme formant une seule race ?

Les champions de CSO et de dressage se disputent souvent les mêmes chevaux : c'est dire si la label"cheval de sport" serait justifié !

Vers une certaine uniformisation

Nos races de chevaux sont, depuis des siècles, des créations humaines.
Néanmoins, tant que le transport des animaux était malaisé et que la saillie en main était le seul moyen possible de reproduction, la notion de terroir a gardé une certaine importance :
on ne produisait pas en Normandie les mêmes chevaux qu'en Espagne ou qu'en Allemagne.
Le climat, la nourriture, le sol, les usages favorisaient l'existance de race assez distinctes.
De nos jours, on peut faire voyager des paillettes de sperme congelé d'un bout à l'autre de la planète. On peut aussi, en frantionnant les doses de spermes produites par un étalon, lui donner des centaines de descendants - qu'il n'aurait jamais pu engendrer par la saillie.
Ces deux facteurs contribuent grandement à uniformiser les produits de l'élevage du cheval de sport.

Des races bien distinctes

Certains stud-book sont "fermés": seuls des reproducteurs provenant de l'un d'entre eux peuvent être croisés. C'est le cas du pur-sang : un poulain ne peut prétendre au titre de pur-sang que si ses deux parents le sont aussi. Et, de fait, les pur-sang sont assez caractéristiques et ne peuvent guère être confondus avec d'autres races.
Dans ce cas, ce qui défient la race, ce sont les origines et non le standard -
ce qui n'empêche pas les éleveurs, bien sûr, d'écarter de la reproduction les animaux qui ne présentent pas les qualités nécessaires au maintien des caractéristiques de la race.

Le pour et le contre !

  • Stud-book fermé. La sélection se fait d'après les origines et non sur les performances. Le risque est que soient mis à la reproduction un mâle ou une femelle qui ne possèdent pas de réelle qualités. Par exemple, si papa et maman sont pur-sang, je suis pur-sang et j'ai le droit de me reproduire, même si j'ai un caractère épouvantable, même si je ne galope pas si bien que ça et que mes allures sont vilaines et inconfortables. Le côté positif de ce genre de sélection est qu'il préserve le " capital génétique ", donc les caractéristiques spécifiques de la race.
  • Stud-book ouvert. La sélection se fait sur les performances (du reproducteur et, éventuellement, de ses descendants) et sur la conformité au standard ; peu importe d'où je viens : ce qui compte, c'est ce que je fais. Avec ce type de sélection, on est sûr que les chevaux qui ne possèdent pas les capacités requises sont écartés de la reproduction. Mais la notion de race disparaît, le capital génétique s'aparpille.
Extrait des Editions Atlas



vendredi 29 août 2008

Les Races & Elevage...

Nombre d'entre vous s'exclameront sans doute :
" Tiens, un appaloosa ! "
en voyant cette photo.
Pas du tout ! Il s'agit d'un noriker, un autre tacheté,
un cheval d'attelage non pas américain, mais autrichien.

Avec sa robe parfois tachetée comme celle d'un léopard,
son physique robuste de montagnard et ses pieds de chamois,
le noriker a bien des atouts pour séduire.
Il bénéficie en plus de l'équilibre des chevaux élevés au grand air en semi-liberté.

Son histoire

Le mot "noriker" vient de Noricum, nom de la province romaine qui occupait l'actuelle Autriche.
Les légions romaines avaient besoin de chevaux de trait et de bât pour franchir les cols et parcourir les voies pavées.
C'est au nord de la Grèce que les Romains trouvèrent les chevaux de trait et de guerre qui allaient faire souche dans les montagnes autrichiennes.
Ces mêmes Romains ont, les premiers, organisé l'élevage dans cette région en y créant des haras.

Une origine grecque, mais pas seulement

Le berceau d'origine du noriker jouxte également, au sud, la région de Venise,
en Italie, qui est connue pour avoir élevé des chevaux dès 900 av. J.-C.
Une avancée culturelle dont l'actuelle Autriche a sans doute profité.
Le noriker a également un lien de parenté étroit avec le haflinger et avec l'avelignese élevé dans les montagnes italiennes.

Un parrain archevêque

Il semble que la véritable patrie du noriker soit Salzbourg et le haras de Juvanum, qui se trouvait tout près. Au Moyen Age, ce sont surtout les moines qui élevèrent ce cheval et qui prirent ainsi le relais des Romains. Avec le parrainage du prince-archevêque de Salzbourg, ils commencèrent le livre généalogique de la race.
Des chevaux de dressage napolitains et espagnols furent utilisés pour améliorer le noriker.
C'est d'ailleurs à ses ancêtres ibériques que le noriker, comme l'appaloosa, doit sa robe tachetée.

Le noriker aujourd'hui

On distingua ensuite quatre types de chevaux différents :
le carinthien, le steier, le tyrol et le bavarois, appelé aussi cheval à sang-froid d'Allemagne du Sud.
De nos jours, la race englobe aussi le pinzgauer, du Tyrol, qui est souvent tacheté.

Le demi-lourd élevé en montagne

Le stud-book est très stric sur les critères de la race et exclut chaque année les animaux qui ne réussissent pas les tests d'aptitude propres au noriker.
On estime à environ 8000 le nombre de norikers qui vivent au Autriche.
C'est, actuellement, l'un des seuls chevaux de trait en Europe à bénéficier encore d'un véritable berceau de race et à être élevé en liberté et en altitude.

Son type bréviligne et sa puissance destinent évidemment le noriker au trait,
mais c'est aussi un cheval souple et docile, plus agréable à monter qu'il ne paraît.

La robe tachetée, qui n'est pas la plus fréquente, souligne le cousinage qui existe entre l'appaloosa et le noriker.

Le noriker est né dans les régions montagneuses du sud de l'Autriche, où il est encore souvent élevé en liberté.

Modèle

Le noriker est un cheval de trait moins lourd que ceux que l'on connaît en France.
Par rapport au percheron ou au boulonnais, c'est une... demi-portion !
Comme tous les chevaux d'attelage, il a l'épaule moins inclinée que les chevaux de selle.
Son arrière-main est puissante et symétrique.
Elle lui confère une allure d'ensemble plutôt ramassée.
Ce cheval a du coffre. Son tour de thorax dépasse souvent la longueur du bras du coude au sol.
Les aplombs sont corrects et les membres puissants mais secs.

Taille

De 1.63 m à 1.73 m, ce qui est plutôt grand pour un cheval d'attelage.

Robe

La plus frappante est, bien entendu, la robe tachetée.
Mais il existe bien d'autres robes dans la race :
gris pommelé, bai brun, alezan, alezan brûlé crins lavés, etc...

Caractère

A la fois cheval d'attelage et de montagne, le noriker est calme, endurant et courageux.
Il est extrêmement facile à manoeuvrer et ne résiste qu'exceptionnellement à l'homme.
Il sait se montrer attachant. Sa gentillesse ne l'empêche cependant pas de faire preuve de personnalité. Malgré son tempérament placide, il sait réagir vite et montre un pied très sûr quand le besoin s'en fait sentir.

Extrait des Editions Atlas













jeudi 28 août 2008

Les Races & Elevage...


On ne trouve cet étrange petit cheval qu'au Portugal.
Avec son allure primitive et sa robe si particulière, on le remarque facilement
parmi les alter real du haras d'Alter.

Disparu, puis réinventé

Le sorraïa était un cheval primitif qui vivait à moitié libre dans la vallée d'un affluent du Tage.
Il a disparu au milieu du XIXe siècle.
C'est le Dr Ruy d'Andrade, un éleveur renommé de chevaux lusitaniens, qui a entrepris de réinventer le sorraïa à partir des chevaux de la région du haut Alentejo qui arboraient encore la fameuse robe souris et les zébrures.
En 1937, à partir d'un petit noyau de chevaux possédant encore quelques caractéristiques du défunt poney, il tenta de fixer de nouveau les traits dominants de la race.
Grâce à la consanguinité, le Dr d'Andrade est parvenu à " réinventer " un petit cheval tout à fait original.

Bien qu'il ait la taille d'un poney ( 1.45 m en moyenne), l'allure générale du sorraïa est plutôt celle d'un cheval.

L'ancêtre du lusitanien.

Pour certains éleveurs portugais, le sorraïa est le type pur de l'ancien cheval ibérique au profil légèrement busqué. Sa robe et ses rayures témoignent du caractère primitif de la race.
On est également frappé de la ressemblance qui approche le sorraïa du " marismeno ", originaire du delta du Guadalquivir, ou bien encore de certains criollos sud-américains.
Les historiens portugais ont d'ailleurs retrouvé la trace d'un équidé savage qui, au Moyen Age, portait le nom de "Zebra".
Certains lieux portent encore des noms qui font référence à cet animal, comme la
" Vale de Zebro".

Ni sang oriental, ni sang nordique.

Les éleveurs portugais accordent beaucoup d'importance au fait que le sorraïa soit vierge de tout apport de sang oriental ou nordique. Il se pose donc comme authentique descendant de l'ancien cheval ibérique, celui qui existait avant l'arrivée des Maures et de leurs chevaux barbes et arabes. On prétend aussi que le sorraïa aurait joué un rôle plus important que le lusitanien dans la formation de la race du criollo argentin.

Une survie précaire

Partie de quelque membres fondateurs, la communauté du sorraïa ne compte encore qu'une centaine d'individus répartis en seulement trois élevages.
Par ailleurs, la pauvreté génétique du sorraïa, due à la forte consanguinité qui a permis sa renaissance, constitue une fragilité.
L'avenir de la race est donc encore incertain.

Les robes souris ou isabelle des sorraïa sont caractérisées par un patron de robe très particulier qui inclut une raie de mulet, parfois une croix de saint André et des rayures sur les jambes.
La crinière est également souvent bicolore, délavée sur les côtés.

D'un point du vue génétique, la robe souris est en fait la robe noire délavée par le gène de dilution sauvage. Parfois, les sorraïas sont isabelle, toujours avec une raie de mulet, comme les fjords. Cette robe résulte de la dilution de la robe baie par le même gène. Si l'on observe un poil de sorraïa souris au microscope, on constate que tous les pigments sont concentrés sur un axe central.

Dans l'Alentejo, une belle vallée est délimitée par deux cours d'eau :" le Sor et le Raïa".
C'est là que notre petit cheval s'est reproduit à l'état semi-sauvage jusqu'au XIXe siècle.
En aval de cette vallée, les deux rivières fusionnent pour former le plus grand affluent du Tage :
le Sor-Raïa auquel notre petit souris doit son nom.

Bien qu'il ait été reconstruit de toutes pièces à partit d'individus divers, le sorraïa est relativement homogène. Il a la chance d'être élevé dans les magnifiques vallées du Tage et de bénéficier de l'expérience des éleveurs de chevaux lusitaniens.
C'est le type même du cheval primitif. Sa robe comme sa morphologie éviquent les derniers chevaux sauvages.

Modèle

Il a le profil un peu busqué des vrais ibériques.
Son rein est court.
Son dos est droit.
Sa croupe est courte et très inclinée.
La queue s'insère assez bas.
Les applombs sont bien sûr droits et ses membres assez charpentés.

Taille

Le sorraïa est un petit cheval qui peut aussi entrer dans la catégorie poney, puisqu'il toise en moyenne entre 1.43 m et 1.45 m

Robes

Il est le plus souvent souris, parfois isabelle. Le poil des sorraïas est uniformément gris, couleur ardoise. Il n'y a pas de poils blancs mélangés. Les crins et le bas des jambes sont noirs. Une raie de mulet plus foncée court sur le dos. On observe fréquemment des zébrures sur les jarrets et les avant-bras. Le nez est souvent cavecé de maure. Il arrive que la crinière ne soit noire qu'en son centre et lavée sur les côtés.

Caractère

Le courage et l'endurance sont les deux qualités maîtresses de ce petit. En fonction de ces vertus, les campinos portugais l'utilisent pour le travail du bétail. Il possède également la gentillesse et la soumission propres aux chevaux ibériques.

Extrait des Editions Atlas